Article initialement publié sur LinkedIn le 19 févr. 2025.
Source : https://fr.linkedin.com/pulse/limpact-positif-des-architectures-serverless-meddy-menzikoff-ihi2e

Chaque architecture applicative nécessite une solution adaptée au contexte d’exécution et aux problématiques business. Le Serverless, pas plus que les architectures plus classiques, n’est pas la réponse unique à toutes les problématiques d’infrastructure.

Dans cette article j’ai cependant décidé de ne me concentrer que sur quelques avantages offerts par ces technologies.

Scalabilité, SLA élevé et économie d’énergie au service des décideurs IT#

Les entreprises recherchent aujourd’hui des solutions capables de répondre rapidement à des pics de trafic tout en réduisant les coûts et l’impact environnemental. Les décideurs IT se retrouvent souvent face à un choix complexe : continuer à héberger leurs applications en interne (on-premise) ou s’orienter vers des solutions cloud. Parmi les options cloud, l’architecture Serverless s’impose de plus en plus comme une réponse optimale.

Dans cet article, nous allons aborder l’impact positif de la généralisation des architectures Serverless telles que celles proposées par AWS (Amazon Web Services). Nous verrons comment cette approche révolutionne la scalabilité, assure un SLA très élevé et contribue à une meilleure efficacité énergétique de l’IT. Pour bien saisir ces enjeux, nous prendrons l’exemple concret d’un SaaS de formation en ligne.

Imaginons un logiciel de e-learning permettant aux utilisateurs de suivre des cours vidéo, de télécharger des supports et d’effectuer des quiz. Loin d’être un usage linéaire, cette plateforme subit des pics d’activité prévisibles (en début de matinée, en début d’après-midi) et des creux importants (notamment la nuit). Nous verrons comment le Serverless sur AWS gère ces fluctuations de manière efficace et économique, tout en garantissant une haute disponibilité, un streaming fluide et un stockage volumineux sans limites.

1. Scalabilité : performance à la demande#

1.1. L’essence du Serverless#

Le Serverless propose un fonctionnement « en continu » où l’infrastructure sous-jacente est entièrement gérée par le fournisseur cloud. L’objectif est de permettre aux équipes IT et développeurs de se concentrer uniquement sur le code et la logique métier. Le fournisseur alloue automatiquement les ressources nécessaires à l’exécution et les libère dès que la charge diminue. Ainsi, aucune machine physique ou virtuelle n’a besoin d’être provisionnée ou maintenue côté client.

La scalabilité – c’est-à-dire la capacité du système à s’adapter rapidement à la variation de la charge – devient alors un atout majeur. Quand plus d’utilisateurs se connectent à la plateforme, le fournisseur ouvre davantage de ressources et gère automatiquement la répartition de la charge. Au contraire, lorsqu’il y a peu de trafic (la nuit, par exemple), les ressources redescendent au strict minimum. Résultat : vous ne payez que ce que vous consommez, et vous évitez les serveurs sous-utilisés.

1.2. L’exemple d’un SaaS de formation en ligne#

Revenons en à notre SaaS de formation qui propose à la fois des vidéos en streaming et des supports PDF à télécharger. Imaginons une plateforme sur laquelle des milliers d’étudiants et de professionnels peuvent suivre des cours en même temps, ou au contraire aucune connexion pendant des heures. Dans un schéma classique (on-premise ou self-hosting), il faudrait prévoir un dimensionnement matériel conséquent pour absorber les pics d’activité, quitte à sous-utiliser lourdement ces serveurs en période creuse. C’est coûteux en termes d’investissements (CAPEX), de maintenance et d’énergie.

Avec une architecture Serverless AWS, par exemple, il devient trivial de :

  • Gérer les pics de trafic (par exemple, tous les jours à 9h ou à 14h) en passant automatiquement d’une exécution unique à des centaines ou milliers d’exécutions parallèles.

    • Réduire la consommation et les coûts la nuit ou lors des vacances, quand personne ne se connecte.

De plus, la plateforme devant stocker de volumineux fichiers vidéos et audios, elle peut tirer parti de services comme Amazon S3 (Simple Storage Service), qui offre une évolutivité quasi infinie et une durabilité de 99,999999999 %. Les fonctions AWS Lambda ou les conteneurs Fargate peuvent être déclenchés à la demande pour manipuler, transcoder ou diffuser ces médias.

De leur côté, les données structurées (par exemple, les profils utilisateurs, progressions, scores de quiz) peuvent être logées dans Amazon DynamoDB, une base NoSQL entièrement managée capable de monter en charge sans sacrifier la performance. Pour les données relationnelles (par exemple, l’historique des paiements ou la gestion de catalogues de cours qui nécessitent des jointures complexes), AWS Aurora Serverless entre en jeu. Cette variante Serverless d’Amazon Aurora ajuste automatiquement la capacité en fonction de l’activité, combinant la puissance de MySQL ou PostgreSQL avec l’élasticité du cloud.

1.3. Pourquoi le Serverless est idéal pour les variations de trafic#

Les solutions Serverless facturent majoritairement au nombre de requêtes et au temps d’exécution, plutôt qu’à la capacité réservée 24h/24. Pour un SaaS de formation, vous bénéficiez ainsi d’une scalabilité horizontale automatique à moindre coût. Vous pouvez imaginer qu’en début de matinée, 5 000 apprenants se connectent simultanément pour suivre leurs cours : dans un modèle on-premise, cela pourrait saturer les serveurs si vous n’aviez pas prévu suffisamment de puissance. En Serverless, AWS Lambda peut instancier autant de fonctions que nécessaire (une pour chaque flux vidéo, par exemple), DynamoDB peut supporter un pic soudain de lectures/écritures, et Aurora Serverless peut ajouter des nœuds ou augmenter la mémoire allouée pour traiter des requêtes plus intenses.

Une fois la pointe de trafic passée, tout redescend. Vous ne conservez aucune « machine inutile » durant les périodes creuses. La facturation suit cette logique : les équipes financières et IT ne se retrouvent pas à payer des serveurs inactifs la nuit. Cet avantage fait du Serverless la solution parfaite pour la variabilité du trafic web. Cette flexibilité est d’autant plus intéressante pour un SaaS dont l’activité dépend de créneaux horaires ou de saisons (exemple : formations massives le matin, quasi-nulle la nuit).

1.4. Comparaison avec On-Premise et Self-Hosting#

En on-premise, pour absorber ces pics, vous devriez acheter, installer et entretenir suffisamment de serveurs pour le pic maximal prévu. C’est souvent un gaspillage (surdimensionnement), sans parler de la maintenance logicielle, matérielle et de la sécurité à gérer en interne. En self-hosting sur des VM, vous pouvez mettre en place un auto-scaling manuel ou semi-automatique, mais cela implique une surveillance, un monitoring, et la gestion de scripts de scaling vous incombant. L’allocation des ressources n’est pas instantanée et peut nécessiter un temps de démarrage de VM, voire des commandes pour provisionner plus de capacité.

Avec AWS Lambda couplé à Amazon API Gateway ou AWS App Runner, c’est un auto-scaling granulaire et quasi-instantané qui opère. L’architecture logicielle peut se composer de microservices distincts : un microservice gérant l’inscription aux cours, un autre gérant le streaming vidéo, un autre les quiz, etc. Chacun évolue à son propre rythme en fonction de la demande.

Ainsi, le Serverless fait figure de champion de la scalabilité : c’est une stratégie « passe-partout » pour absorber les pics et ne pas gaspiller hors pic.

2. SLA très élevé : fiabilité et résilience intégrées#

2.1. La haute disponibilité par défaut#

Un autre argument clé pour les décideurs IT est le SLA garanti. L’architecture Serverless d’AWS offre souvent un SLA de 99,95 % voire plus, ce qui correspond à moins de 22 minutes d’indisponibilité par mois. Concrètement, AWS héberge ses services dans des zones de disponibilité (Availability Zones) géographiquement distinctes au sein d’une même région. Si l’une d’elles rencontre un problème, les requêtes sont redirigées automatiquement vers une autre zone.

De plus, AWS gère la maintenance, les mises à jour matérielles et de sécurité. Dans les solutions Serverless, cette maintenance est totalement invisible : vous n’avez pas à planifier ni à supporter des arrêts de service. Cela sécurise la disponibilité de votre SaaS.

2.2. Résilience et tolérance aux pannes#

Pour un SaaS de formation qui souhaite offrir un accès constant aux vidéos et cours, la perte de service est critique : chaque minute d’interruption peut générer frustration, réclamations ou perte de revenus. Une architecture On-Premise exigerait des dispositifs de redondance coûteux (serveurs en cluster, sites géographiquement distants). En self-hosting, il faudrait configurer soigneusement plusieurs zones, du load-balancing, et surveiller la santé des VM. En Serverless, le fournisseur cloud s’en charge automatiquement.

Par exemple, AWS Lambda répliquera le code de vos fonctions sur plusieurs zones de disponibilité, et vous pouvez configurer Amazon S3 pour stocker vos vidéos en mode multi-AZ. Amazon Aurora Serverless propose lui aussi un stockage réparti sur plusieurs zones, assurant la redondance de vos bases de données relationnelles. Ainsi, même en cas de panne matérielle sur un data center, votre SaaS reste opérationnel grâce à ces mécanismes de tolérance aux pannes.

2.3. Impact sur la confiance des utilisateurs#

Cette haute disponibilité garantit une expérience fluide aux apprenants. Qu’ils se connectent à 9h du matin ou à 21h, qu’ils lancent une vidéo HD ou téléchargent un PDF volumineux, le SaaS délivre une performance constante. Cette fiabilité renforce la réputation de la plateforme, consolide la satisfaction client et réduit les coûts liés au support et aux incidents.

Au final, le Serverless se révèle être une assurance SLA précieuse pour les décideurs IT : moins de risques, moins de stress, et plus de temps pour se focaliser sur l’innovation et l’amélioration continue du produit.

3. Économie d’énergie : un atout pour la durabilité#

3.1. Une architecture éco-responsable#

Au-delà des performances, l’impact environnemental est devenu un enjeu majeur pour les entreprises, notamment dans le cadre des stratégies RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises). Les data centers représentent une part importante de la consommation électrique mondiale, mais les plateformes cloud comme AWS ont drastiquement amélioré leur efficacité énergétique. Selon certaines estimations, les infrastructures cloud managées peuvent être jusqu’à 88 % plus efficaces sur le plan énergétique que les datacenters traditionnels.

En Serverless, l’allocation dynamique des ressources joue un rôle clé. Plutôt que d’alimenter des serveurs 24h/24, AWS ne mobilise les CPU, la mémoire et la puissance de calcul que pendant l’exécution des fonctions. La nuit, quand le SaaS de formation est peu sollicité, la consommation chute. Les serveurs physiques continuent de tourner, certes, mais ils sont mutualisés et optimisés à grande échelle par AWS pour répondre à l’ensemble des clients. Cette mutualisation augmente le taux d’utilisation global du hardware, ce qui se traduit par une meilleure efficacité en termes de watts consommés par transaction.

3.2. Limiter le gaspillage matériel#

Dans un mode on-premise ou self-hosting, vous devez maintenir vos propres serveurs, potentiellement en surcapacité. Même lorsqu’ils ne traitent aucune requête, ces serveurs consomment de l’énergie pour rester sous tension, refroidis et sécurisés. De plus, leur renouvellement génère des déchets électroniques. Le recours à l’informatique Serverless mutualisée minimise ce gaspillage, car AWS opère des datacenters de dernière génération, optimisés pour la performance et la consommation d’énergie.

3.3. Communiquer sur une approche verte#

De plus en plus de clients et investisseurs accordent de l’importance à la démarche environnementale. Pour un SaaS de formation, pouvoir affirmer que votre plateforme a un impact réduit sur l’empreinte carbone peut être un argument marketing fort. Vous participez à la sobriété numérique, tout en offrant un service performant. Opter pour le Serverless vous positionne donc comme acteur engagé et responsable, en phase avec les enjeux actuels de développement durable.

4. Comparatif Serverless vs On-Premise vs Self-Hosting#

Pour donner une vue d’ensemble aux décideurs IT, voici un tableau comparatif synthétique, en reprenant les trois axes principaux : la scalabilité, le SLA et l’efficacité énergétique. Nous ajoutons également quelques remarques sur la complexité de gestion et la flexibilité.

Les architectures Serverless sur AWS s’imposent aujourd’hui comme une solution de choix pour les entreprises désireuses de concilier performance, fiabilité et sobriété énergétique. En déléguant la gestion de l’infrastructure à un acteur cloud majeur, vous bénéficiez d’une scalabilité à la carte, d’un SLA élevé et de ressources mutualisées qui minimisent l’empreinte carbone globale.

Pour un SaaS de formation connaissant d’importantes fluctuations de trafic, le Serverless se révèle un atout considérable : il répond automatiquement aux pics (streaming vidéo en masse, stockage de gros fichiers) et se met en sommeil lors des périodes creuses, tout en garantissant une expérience utilisateur fluide.

Contrairement au On-Premise, où vous devez prévoir du matériel en continu, et au Self-Hosting, où vous gérez encore une partie de l’infrastructure, le Serverless vous libère des contraintes matérielles et vous laisse vous concentrer sur votre cœur de métier : la conception d’une plateforme de formation attractive, enrichissante et durable.

Que vous soyez déjà en pleine réflexion sur l’évolution de votre SI ou que vous envisagiez une refonte totale, n’oubliez pas que l’adoption progressive du Serverless peut se faire par étapes (migration de certains microservices, tests de proof of concept, etc.). Les gains en agilité, en fiabilité et en responsabilité environnementale font du Serverless une voie de plus en plus incontournable pour construire l’IT de demain.